La Toxicité des fumées...

RAPPORT SUR LES RISQUES PROFESSIONNELS ANSES

 

Le rapport de l’ANSES est paru, la CGT du SDMIS à lu pour vous le document de 154 pages et vous en fait l’analyse. téléchargeable ci-dessous.

Nous rappelons que le rapport pourtant à l’ordre du jour du CHSCT n’a pas été abordé ! Et que le président du CHSCT n’a pas donné la parole au médecin de prévention lorsque nous l’interpelons !

Il s’agit des risques professionnels avec un focus spécial sur la toxicité des fumées.

Il fait suite au rapport de la CNRACL de 2017.

Il s’appuie sur le « rapport CPRIM » concernant la mortalité SPP mais dont les conclusions n’on permit aucune décision forte du fait de l’omission des recherche des causes. Il s’appuie aussi beaucoup sur les études canadiennes dont nous nous étions inspirés pour rendre à la direction du SDMIS un dossier complet en début d’année. 

Il est composé notamment :

 

      ·D’un tableau reprenant les niveaux de risques relatifs aux expositions en fonction des différentes études.

Nous avons relevé un risque de cancer :

-du poumon (Mésotéliome) fort. p46
-du larynx et pharynx fort. P49
-des testicules accru de 50%. p48 
-de la prostate accru de 30%. P48
-du système immunitaire lymphatique (lymphome non hodgkinien) accru de 20%. p46
-du col de l’utérus inégalé par les autres (5,4) ! p.45
 
 
 
     ·De recommandations (ci dessous)

Nous avions, suite à une étude complète de nombreux documents et études internationales, dont la reprise par l’ANSES ne permet plus l’éviction, fait tout une série de propositions à la direction du SDMIS. Téléchargeable ci-dessous

Sourde à nos alertes, nous avons interpelé le président du CA. Devant lui, la direction s’est engagée à agir. Aujourd’hui, seul le rasage de la barbe existe ! Pour exemple, les départ CSL que le SDMIS annonce avoir mis en place se comptent sur les doigts d’une main l’année passée ! Ce même CSL ne comporte que… 5 T-shirt de rechange !

La direction nous dit être en avance mais beaucoup de départements ont déjà pris des dispositions immédiates. Par exemple le Val d’Oise à mis en place depuis de nombreux mois un kit de nettoyage ; des procédures de nettoyage ; des règles avant, pendant et après l’intervention ; des logigrammes d’aide à la décision etc.

 

Toutes les procédures mise en place dans les autres départements sous l’impulsion des autres CGT avec lesquelles nous sommes en relation son parfois perfectible, mais notre employeur manque aujourd’hui a ses obligations légales !

 

 

Article L4121-1 du code du travail

L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Ces mesures comprennent :

1° Des actions de prévention des risques professionnels et de la pénibilité au travail ;

2° Des actions d'information et de formation ;

3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés.

L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes.

ANSES - Risques sanitaires liés aux expo[...]
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Les préconisations contre le risque chimique des fumées

5.2.1.1 Fumées d’incendie

5.2.1.1.1 Avant l’intervention

5.2.1.1.1.1 Informer et former

  • Sensibiliser et former l’ensemble des sapeurs-pompiers (y compris les sapeurs-pompiers qui n’interviennent pas directement sur les incendies) sur les effets à court et long terme de la toxicité des fumées et des résidus de combustion (CNRACL 2017b, MSB 2015, DGSCGC 2018a),
  • Sensibiliser et former les sapeurs-pompiers à l’utilisation des EPI et moyens de protection collective, ainsi que leurs modalités d’entretien, pour rappel, l’EPI respiratoire doit être porté sur une peau rasée (DGSCGC 2018a),
  • Sensibiliser et former les sapeurs-pompiers aux règles d’hygiène à adopter pour préserver leur santé, en appliquant des mesures simples (lavage des mains, du visage, douche, etc.) (DGSCGC 2018a),
  • Développer la culture de la prévention et la prise de conscience du risque spécifique lié aux expositions aux fumées lors des cycles de formation (CNRACL 2017b),
  • Intégrer les risques de contamination lors de la conception des centres d’incendie et de secours, des centres de formation, des engins, des matériels et des équipements (CNRACL 2017b).

 

5.2.1.1.1.2 Prévenir et dépister

  • Mettre à jour les fiches d’exposition (obligation réglementaire) en intégrant les risques liés aux fumées (CNRACL 2017b),
  • Assurer la traçabilité des expositions de l’ensemble des personnels des SDIS : mise en place de livrets individuels de suivi de l’exposition (date, type d’intervention, port d’ARI et durée d’exposition) (CNRACL 2017b),
  • Utiliser une tenue adaptée en fonction de chaque situation et en changer systématiquement en cas de contamination (CNRACL 2017b),
  • Identifier le risque amiante dans les dossiers spécifiques ETARE (CNRACL 2017b).

 

5.2.1.1.1.3 Agir sur l’organisation

  • Disposer d’une réserve de vêtements, gants et cagoules et protection respiratoire individuelle28 décontaminés permettant d’équiper le personnel pour toute nouvelle intervention (CNRACL 2017b, MSB 2015),
  • Porter des sous-vêtements spécifiques pour les interventions sur feu (CNRACL 2017b),
  • Intégrer les risques des fumées dans le document unique pour l’ensemble des agents (PATS, SP) (CNRACL 2017b),
  • S’inspirer du zonage existant concernant les risques NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) pour toutes les interventions pour feu (CNRACL 2017b),
  • Adapter, voire réorganiser, les locaux avec un zonage et un circuit « contaminé - décontaminé ». À défaut, prévoir des mesures organisationnelles (CNRACL 2017b),
  • Privilégier les couleurs claires pour les tenues et les cagoules permettant ainsi de visualiser correctement le niveau de salissure (CNRACL 2017b).

 

5.2.1.1.2 Pendant l’intervention

5.2.1.1.2.1 Prévenir et dépister

  • Considérer que chaque incendie est une intervention exposant potentiellement aux risques CMR, amiante... (CNRACL 2017b),
  • Inciter à consulter le document technique amiante (DTA) dès que possible (CNRACL 2017b),
  • Privilégier le stationnement des engins avec vitres et ventilations fermées en dehors de la zone d’exposition aux fumées (DGSCGC 2018a),
  • Lors des phases de lutte contre l’incendie, tout personnel intervenant en « zone d’exclusion » (supposée contaminée) doit porter une tenue de feu complète ainsi que l’ARI (CNRACL 2017b, DGSCGC 2018a, NIOSH 2013a) ; le NIOSH ajoute que la cagoule doit être suffisamment longue pour qu’elle reste bien en place et ne laisse pas de zone découverte pendant l’intervention (NIOSH 2013a),
  • En dehors de la « zone d’exclusion », au moindre doute dans la zone contrôlée, le personnel intervenant doit utiliser des masques adaptés (FFP3, FFP2, masques à ventilation assistée...) (CNRACL 2017b),
  • Contrôler l’exposition au monoxyde de carbone et autres contaminants liés aux fumées d’incendies par le port d’ARI et l’organisation des services sur la scène d’intervention (NIOSH 2007),
  • Dans les phases de déblai et de surveillance, considérer la présence de contaminants et prévoir en conséquence la protection respiratoire par l’utilisation de l’ARI ou tout autre appareil respiratoire adapté (CNRACL 2017b, DGSCGC 2018a, NIOSH 2013a),
  • Le port de protection cutanée adaptée doit rester de vigueur lors des phases de déblai et de surveillance (DGSCGC 2018a), la CNRACL précise qu’il faut utiliser des sous-gants à usage unique ou pouvant être facilement décontaminés (nitrile, coton...), en complément des gants de protection contre l’incendie (CNRACL 2017b),
  • Le port de protection oculaire adaptée doit rester en vigueur lors les phases de déblai et de surveillance (DGSCGC 2018a),
  • Le contrôle croisé des EPI doit être en vigueur (DGSCGC 2018a),
  • Lors des phase de repos en zone de soutien, il est préconisé l’usage de lingettes nettoyantes ou d’eau froide et de savon pour se nettoyer les mains et le visage avant de s’hydrater ou de se restaurer (DGSCGC 2018a) ; le NIOSH recommande de se laver les mains dès que possible, après l’extinction, le déblai… surtout si de la suie est visible sur la peau (NIOSH 2013a).

 

5.2.1.1.2.2 Agir sur l’organisation

  • Déterminer un zonage de l’intervention dans lequel les personnels porteront une protection respiratoire adaptée (CNRACL 2017b),
  • En fonction des conditions de l’intervention, le commandant des opérations de secours peut mettre en place une zone de soutien (DGSCGC 2018a),
  • Créer un espace dédié pour le repos et la restauration dans les zones de soutien (DGSCGC 2018a).
  • Mettre en place un protocole de décontamination sur l’exemple suivant (CNRACL 2017b, MSB 2015, DGSCGC 2018a) :
    • Souffler et/ou brosser les tenues, sous ARI,
    • Rincer les véhicules et les équipements, voire les tenues dans la mesure du possible,
    • Retirer rapidement la cagoule et se nettoyer le visage et les mains,
    • Enlever la tenue et la déposer dans un sac hermétique, y compris pour le décontamineur,
    • Tout le matériel contaminé lors des alertes et des entrainements doit être transporté séparément du personnel lors du retour à la station29.
  • Laver systématiquement les mains et les effets chaussants avant la réintégration du véhicule (DGSCGC 2018b),
  • Pendant les phases de remise en condition du personnel, veiller à éviter toute contamination (CNRACL 2017b),
  • Généraliser le soutien sanitaire opérationnel et le rendre obligatoire sur les interventions importantes (CNRACL 2017b),
  • Après l’extinction du feu, assurer un maximum de ventilation naturelle avant de commencer les investigations (NIOSH 2013a).

 

5.2.1.1.3 Après l’intervention

5.2.1.1.3.1 Agir sur l’organisation

  • Considérer que chaque vêtement présentant des résidus de combustion ou, à minima, « sentant la fumée » après intervention sur un feu, est contaminé et contaminant (CNRACL 2017b),
  • Tout le matériel contaminé lors des alertes et des entrainements doit être stocké séparément dans un container approprié jusqu’au nettoyage ou entretien (MSB 2015),
  • Les tuyaux d’incendie doivent être stockés dans un container fermé plein d’eau dans l’attente du nettoyage (MSB 2015),
  • Pendre une douche, changer de tenue et de sous-vêtements dès le retour de l’intervention (CNRACL 2017b, DGSCGC 2018b, NIOSH 2013a), en aucun cas les espaces de vie ne doivent être rejoints avant la douche du sapeur-pompier (DGSCGC 2018b, NIOSH 2013a),
  • Interdire certaines zones de la caserne aux bottes de feu (Annexe 11),
  • Pour les personnels chargés du nettoyage, utiliser des tenues et des équipements de protection adaptés (sous-gants coton ou nitrile, lunettes de protection, protection respiratoire...) (CNRACL 2017b, DGSCGC 2018b),
  • Laver, voire décontaminer, tous les matériels (tuyaux, ARI...) et les tenues (cagoule, gants, casque) utilisés, après chaque intervention sur feu (CNRACL 2017b),
  • Laver, voire décontaminer, les tenues de feu dès lors qu’elles sont considérées comme contaminées suivant les préconisations des fabricants d’équipements et les dispositions en vigueur dans le SDIS (CNRACL 2017b, DGSCGC 2018b, NIOSH 2013a),
  • Tout le nettoyage des VPI doit être fait dans un local séparé dans une machine à laver réservée uniquement à cet usage (MSB 2015), ne pas stocker la tenue de feu contaminée dans son véhicule personnel et ne pas la laver à domicile (NIOSH 2013a),
  • Tout le séchage et le traitement des VPI doivent être faits dans un local séparé dédié à cette tâche (MSB 2015),
  • Tous les autres matériels contaminés sont nettoyés dans un local séparé approprié (MSB 2015),
  • Toute la décontamination des raccords d’air des ARI, doit se dérouler dans une zone séparée propre au lavage et uniquement dédiée à cette tâche (MSB 2015),
  • Vérifier au moins une fois par an que les prescriptions du fabriquant relatives au nettoyage des tenues sont respectées (CNRACL 2017b),
  • Disposer d’effets chaussants différents selon l’activité (bureau/caserne/ambulance/feu) (CNRACL 2017b),
  • Organiser un circuit de gestion des effets contaminés (CNRACL 2017b),
  • Tous les véhicules doivent être propres et exempts de substances dangereuses (MSB 2015).

 

Concernant les modalités de stockage des EPI et matériels souillés, la DGSCGC (2018b) précise qu’elles doivent être définies en tenant compte de la réalité de la conception des SDIS dans l’attente de leur prise en compte.

Lors des auditions, il a été mentionné de favoriser les stockages des engins sanitaires dans des remises séparées (Annexe 11).

Enfin, la CNRACL a indiqué dans son rapport que les cabines des véhicules d’intervention ne sont pas toutes équipées de filtres de l’air ambiant, ni de détecteur de monoxyde de carbone, d’hydrogène sulfuré ou de particules fines (CNRACL 2017b).

 

 

Le rapport de la CNRACL  sur  « la prévention des risques induits par les fumées sur la santé des sapeurs-pompiers » rendu public, élaboré par 22 experts à la demande insistante des syndicats, démontre la dangerosité des fumées d’incendie et le manque de prévention. Daté de mars 2017, ce rapport est resté confidentiel pendant six mois ! Pour cause : il est explosif.

 

 

Contrainte par ce rapport à se saisir du sujet, la DGSCGC sort une note (ici) en novembre 2017 à l’attention des directeurs relative à la stratégie de sa prise en compte en 3 axes :

  • Une enquête de l’Inspection Générale de Affaires Sociales devait être faite mais est toujours attendue.
  • Une note d’information et la réalisation d’un « guide de bonne pratiques »
  • La sortie d’un « plan de santé, sécurité et qualité de vie en service (ici) » qui leur laisse jusqu’à 2023 pour prendre des mesures.

 

En outre, elle préconise :

  • Une formation de rappel de l’utilisation des tenues.
  • Que le SSSM soit le plus souvent engagé au profit des personnels.
  • La disposition dans le document unique d’un item relatif à la toxicité des fumées.
  • La mise en place d’un premier plan d’action en lien avec le CHSCT (ou siègent les représentants du personnel).

 

En mars 2018 un guide de doctrine (ici) à destination des SDIS et édité par la DGSCGC. Le DMM du SDMIS faisait partie du groupe technique d’élaboration du guide qui s’est appuyé sur seulement 2 études internationales (ici), le guide de nettoyage des tenues canadiennes (ici) et un mémoire de l’ENSOSP (ici).

 

Il en ressort :

  • Faire de la formation.
  • Mettre en place des règles de stationnement, zonage, sectorisation en prenant en compte le « risque fumées ».
  • Le nettoyage de la peau en zone de soutien
  • Le nettoyage des EPI
  • Porter des protections lors des manipulations après l’incendie

Ces règles sont très floues et le document renvoie à l’enquête de l’IGAS qui n’est pas encore faite…

 

Aucune de ses disposition n’est pour le moment mise en œuvre efficacement (ca fait bientôt deux ans !). Seule a eu lieu une modification du règlement intérieur, que s’est empressée de faire la direction pour… supprimer le port de la barbe ! Pour le reste, « circulez, on verra plus tard ».

 

La direction se réjouis du délai accordé de 5 ans. Et pendant ce temps, On pipe !

 

Dans son rapport la CNRACL se base sur des études américaine reconnues, et préconise de renforcer le suivi médical durant la carrière et assurer le suivi post-professionnel des sapeurs-pompiers intervenants sur feux. De plus elle insiste sur la nécessité de lien avec les Québécois (francophones et proches des américains).

 

En effet, de nombreuses études (ici) démontrent que des règles en matière de santé et de sécurité sont urgentes et indispensables !

La CGT du SDMIS a recherché et analysé ses études (ici) souvent

nord-américaines. Il en ressort :

  • L’absorption se fait par inhalation ET par voie cutanée.
  • Avec le port de l’ARI en phase d’attaque, l’absorption par inhalation se produit pendant le déblai ET suite au « relargage » (désorption) des tenues et matériels après l’intervention.
  • Même avec le port de l’ARI, des quantités importantes sont assimilées par voie cutanée.
  • Pendant le déblai  la concentration des particules fines et ultrafines est jusqu’à 400 fois plus concentrée que l’air ambiant
  • Tous les taux de COV (composés organiques volatils) comme le benzène, sont au-delà du taux critique et les taux d’HAP (Hydrocarbures Aromatiques polycycliques)  sont préoccupants.
  • La tenue de feu n’arrête pas les fumées et les gaz qui viennent au contact direct de la peau.
  • 97% des éléments dangereux n’est pas visible à l’œil nu
  • Une variation de 3°C de la surface de la peau fait augmenter l’absorption cutanée de 400%
  • Le taux d’HAP dans les urines atteint son pic 3 heures après l’absorption.
  • Considérer toute fumée d’incendie comme étant un cocktail de matières dangereuses.
  • Tous les produits que l’on retrouve dans un feu, se retrouvent généralement dans un laboratoire de science. Il y a même de ses produits qui sont bannis d’usage dans les laboratoires dont notamment le BENZÈNE. Dans un labo, les chercheurs respectent des protocoles sévères de protection, ET VOUS?
  • Il existe très peu d’études sur le nettoyage et la décontamination des habits.
  • Les limites d’expositions au déblai dans l’air ambiant sont chaque fois dépassés pour : Benzène, dioxyde d’azote, formaldeide, CO
  • En 2010, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a conclu que l'exposition professionnelle en tant que pompier est possiblement cancérogène pour l’humain (Groupe 2B)
  • Les centaines de contaminants qui se retrouvent dans l’air pendant et après un incendie peuvent engendrer un « effet cocktail »
  • Selon le CIRC et plusieurs experts, c’est surtout l’exposition aux contaminants de l’incendie qui serait à l’origine de cancers et de problèmes de santé chez les pompiers.
  • La désorption et l’évaporation des composés volatiles et semi-volatiles contaminent rapidement l’air ambiant. Les pompiers sont alors exposés à une intoxication par inhalation, surtout s’ils se trouvent près de leurs habits, en milieu clos, non ventilé et chauffé (Engin)
  • Une étude de 2015 sur l’infiltration de particules à l’intérieur d’une tenue de feu (avec ARI) révèle clairement les endroits où les particules s’infiltrent et se déposent sur la peau, comme le cou, la tête, les poignets et les jambes. La cagoule à un taux très faible de protection. La région du cou et de la mandibule est l’une des régions dont la peau est la plus perméable.
  • L’amiante, scandale français peu traité dans les études étrangères, est présent sur de nombreux feux de structure ! il se dégrade à la chaleur et se retrouve en suspens.

Quelques produits cancérogènes lors d’un incendie

(source Centre International de Recherche contre le Cancer)

Cancérogènes 1 : avérés

Cancérogènes 2A : probables

Cancérogènes 2B : possibles

Suie

Plomb

Naphtalène (HAP volatile)

Benzo-a-pyrène (HAP)

Éthylbenzène

Silice (fibres)

Benzène

Éthylcarbamate (uréthane)

Styrène

Formaldéhyde

Fumée de bois

 

Silice (poussière)

Téflon (PTFE)

 

Arsenic

 

 

Amiante

 

 

Ci dessous, les résultats de test de contamination A TRAVERS LA TENUE DE FEU COMPLETE!

La DGSCGC dans son « Guide d’analyse des risques relatif aux équipements de protection individuelle »(ici) à l’attention des services d’achat des SDIS ne fait pas mention de ces risques de contamination. Ainsi, La veste textile est destinée à éviter ou à limiter fortement les risques de brûlure lors de la lutte contre l’incendie. Le pantalon de protection textile est destiné à éviter ou à limiter fortement les risques de brûlure aux membres inférieurs lors de la lutte contre l’incendie. Quant à La cagoule de protection, elle est destinée à éviter ou à limiter fortement les risques de brûlures directes à la tête, à la face et au cou. Son autre rôle est Protection limitée des voies respiratoires en l’absence d’un ARI… !

 

Nous sommes inquiets sur la prise en compte des risques liés à la toxicité des fumées dans les réflexions en cours sur le Document Unique INC, le remplacement des EPI et dans la création de la DOD incendie.

TELECHARGER NOTRE DOSSIER COMPLET

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POUR LEUR SANTE ET LEUR SECURITE, LA CGT DEMANDE AUX AGENTS :

 

  • Rinçage des pompiers en tenue de feu, brossage lorsque non possible (t°, environnement etc.).

 

  • Enlever La tenue de feu dès que possible.

 

  • Porter des gants jetables (gants VSAV) permet de réduire de 80 % la contamination des mains lors du déshabillage.

 

  • Utiliser des lingettes humides jetables sur les lieux d’intervention pour retirer le plus de suie possibles de la tête, du cou, de la mâchoire, de la gorge, et des mains.

 

  • Enlever la tenue avant le retour en caserne. Placer la tenue dans un sac en plastique et le fermer.

 

  • Placer les ARI dans des sacs plastique avant de les insérer dans les supports des véhicules.

 

  • Prévoir une rotation de cagoule directement sur les lieux de l’intervention (cagoules de réserve).

 

  • Au retour en caserne, prendre une douche froide (resserre les pores) et se laver au savon.

 

  • Nettoyer tous les matériels en portant un masque FFP2 et des gants type VSAV même ceux qui partent dans le circuit logistique (des agents les récupèrent et sont soumis aussi à ces dangers).

 

  • Echanger la tenue de feu (problème de quantité), la cagoule et les gants systématiquement.

 

  • Éviter d’apporter ses vêtements et son ÉPI contaminés à la maison ou de les entreposer souillés dans votre voiture.

Ci dessous une vidéo d'utilisation d'un sac de déshabillage... d'un autre SDIS!

 

Ne pas penser « souillé » mais « contaminé » !

 

 

Nous demandons la mise en place immédiate des mesures les plus efficaces en matière de santé et de sécurité sans minimiser les risques et en appliquant un principe de précaution malgré le manque d’études en France.

 

  • Un Kit de nettoyage et de protection par intervention (lingettes, masques, gants, tenue de rechange et pas des tenues en papier!)
  • Des sacs hermétiques pour les tenues contaminées à minima en attendant la mise en place d'une procédure efficace de décontamination.
  • La dotation de deux cagoules par agents et leurs remplacements systématiques avec un stock en caserne.
  • Une augmentation de la surveillance des sapeurs-pompiers par le SSSM avec le positionnement de celui-ci sur l'utilité d'examens complémentaires lors des visites médicales d'aptitude. C'est son rôle!
  • La possibilité de faire remonter plus simplement la possibilité d'absorption de fumées lors des interventions (case à cocher dans le compte-rendu et remontée automatique au SSSM)
  • La prise en compte du risque pour les agents techniques.
  • La délivrance aux SP et aux agents techniques de fiche contact CMR au départ du service.

 

 

Ou alors, on peut dire :

« On n’a pas les moyens! »

« Tout est cancérigène aujourd’hui! »

« De toute façon, je fais qu’un feu par an! »

« On a toujours fait ça comme ça et on n’est pas morts! »

« Je ne fume pas, je mange bien et je m’entraîne, alors je peux me permettre de faire moins attention! »

« À mon âge, ça ne sert plus à rien de faire attention, c’est trop tard! »

« L’homme a toujours respiré de la fumée et il n’est pas mort de ça! »

Syndicat CGT

du service Incendie et Secours du département du Rhône et de la Métropole de Lyon

19 Avenue Debourg

69007 LYON

06.51.18.43.50.